Le 3ème « A » qui fâche
AD
Se voir noter, par une bande d’imbéciles et d’incompétents, alors qu’ils n’ont rien vu venir pour la plupart des personnes morales et institutions frappées par la crise financière, il y aurait vraiment de quoi sourire si les conséquences de ce « déclassement » ne coûtaient pas si cher à nos compatriotes et aux contribuables français.

Une chose est certaine : les critères d’attributions de prestigieux sésame « AAA » ne sont ni objectifs ni précis puisque d’autres agences maintiennent ce classement même si certaines perspectives peuvent paraître, ici mais ailleurs aussi, inquiétantes.
Il pourrait s’agir d’une manipulation politique d’envergure internationale car la dette de la France, bien qu’elle soit importante, pèse bien moins à court, moyen et long terme que celle qui enfonce les États-Unis d’Amérique chaque jour un peu plus dans la stagflation ne serait-ce qu’en raison du vieillissement quasi général des infrastructures publiques pour lesquelles aucun financement, en 2012, ne sera possible.
Standard & Poors à la solde de nos adversaires ? Cette hypothèse n’est pas si loufoque ! En effet, les arguments avancés pour justifier cette révision n’ont convaincu personne, surtout après les émissions réussies faites par la France auprès des grands prêteurs internationaux. Les dés, par conséquent, ne peuvent qu’être pipés. On ne peut que regretter de ne plus pouvoir battre monnaie, comme le font encore abondamment nos amis américains, pour afficher des ratios – directement issus de l’imagination de l’Homme et sans impact direct ni sur la croissance, ni sur la consommation – qui soient plus flatteurs.
La signature de la Grèce inquiète et fait littéralement exploser les taux d’intérêts qui lui sont offerts à tel point que les usuriers de cette nomenklatura internationale peuvent, tant que le soutien des pays membres de l’Union existe, se frotter allègrement les mains.
En revanche, si la Grèce, puis l’Allemagne ou la France devaient, pour des raisons politiques ou économiques, envisager la sortie de la zone Euro de tout ou partie des pays de l’Union, la donne s’en trouverait alors totalement transformée. Ainsi, chaque pays ayant retrouvé sa devise d’origine, quitte à temporairement créer de l’inflation, retrouverait aussi ses marges de manœuvre pour faire face à une crise qui est surtout financière et qui relève de l’inconscience des professionnels de la finance et de l’inconsistance de leurs jeux de casino dans un contexte baissier alors qu’ils se nourrissaient jusqu’à se gaver tant que la tendance restait confirmée.
Les élections présidentielles de chaque côté de l’Atlantique vont conduire les candidats à leur propre succession à prendre des risques qui seront démesurés et qui ne feront que reporter une correction inévitable des marchés car l’eldorado des dragons asiatiques ne peut se poursuivre à l’infini et eux-mêmes commencent à se frotter aux délicats problèmes d’équilibre sur les plan financier, industriel mais aussi social.
La gloriole que S&P tire de ses conclusions hâtives et mal étayées n’est pas à son honneur. Elle ferait mieux, comme elle a d’ailleurs commencé à le faire, de s’intéresser aux autres strates de nos institutions à commencer par les collectivités territoriales qui présentent – chez nous comme ailleurs – des situations très contrastées.
Le préjudice porté pour ne pas dire infligé à notre pays est important. Il doit être réparé. Cela passera, sans nul doute, par une révision du fonctionnement et du contrôle de ces agences comme par ailleurs d’une définition bien plus objective et pragmatique des critères qui permettent l’attribution des notes aussi disparates soient elles.
Bernard Marx
Il pourrait s’agir d’une manipulation politique d’envergure internationale car la dette de la France, bien qu’elle soit importante, pèse bien moins à court, moyen et long terme que celle qui enfonce les États-Unis d’Amérique chaque jour un peu plus dans la stagflation ne serait-ce qu’en raison du vieillissement quasi général des infrastructures publiques pour lesquelles aucun financement, en 2012, ne sera possible.
Standard & Poors à la solde de nos adversaires ? Cette hypothèse n’est pas si loufoque ! En effet, les arguments avancés pour justifier cette révision n’ont convaincu personne, surtout après les émissions réussies faites par la France auprès des grands prêteurs internationaux. Les dés, par conséquent, ne peuvent qu’être pipés. On ne peut que regretter de ne plus pouvoir battre monnaie, comme le font encore abondamment nos amis américains, pour afficher des ratios – directement issus de l’imagination de l’Homme et sans impact direct ni sur la croissance, ni sur la consommation – qui soient plus flatteurs.
La signature de la Grèce inquiète et fait littéralement exploser les taux d’intérêts qui lui sont offerts à tel point que les usuriers de cette nomenklatura internationale peuvent, tant que le soutien des pays membres de l’Union existe, se frotter allègrement les mains.
En revanche, si la Grèce, puis l’Allemagne ou la France devaient, pour des raisons politiques ou économiques, envisager la sortie de la zone Euro de tout ou partie des pays de l’Union, la donne s’en trouverait alors totalement transformée. Ainsi, chaque pays ayant retrouvé sa devise d’origine, quitte à temporairement créer de l’inflation, retrouverait aussi ses marges de manœuvre pour faire face à une crise qui est surtout financière et qui relève de l’inconscience des professionnels de la finance et de l’inconsistance de leurs jeux de casino dans un contexte baissier alors qu’ils se nourrissaient jusqu’à se gaver tant que la tendance restait confirmée.
Les élections présidentielles de chaque côté de l’Atlantique vont conduire les candidats à leur propre succession à prendre des risques qui seront démesurés et qui ne feront que reporter une correction inévitable des marchés car l’eldorado des dragons asiatiques ne peut se poursuivre à l’infini et eux-mêmes commencent à se frotter aux délicats problèmes d’équilibre sur les plan financier, industriel mais aussi social.
La gloriole que S&P tire de ses conclusions hâtives et mal étayées n’est pas à son honneur. Elle ferait mieux, comme elle a d’ailleurs commencé à le faire, de s’intéresser aux autres strates de nos institutions à commencer par les collectivités territoriales qui présentent – chez nous comme ailleurs – des situations très contrastées.
Le préjudice porté pour ne pas dire infligé à notre pays est important. Il doit être réparé. Cela passera, sans nul doute, par une révision du fonctionnement et du contrôle de ces agences comme par ailleurs d’une définition bien plus objective et pragmatique des critères qui permettent l’attribution des notes aussi disparates soient elles.
Bernard Marx