Quelques vérités sur un putsch institutionnel

Bernard Marx

L’actuel locataire de l’Elysée qui présente un bilan désastreux d’un quinquennat destructeur pour le pays ne peut supporter l’idée de l’alternance.

Il est le premier magistrat du pays et il le prouve en mettant en marche la machine judiciaire pour broyer la droite républicaine, remettant ainsi en cause, gravement, l’indépendance de la justice.
Sa proie ? François Fillon, un homme qui a consacré sa vie au service de l’Etat et qui a démontré sa capacité à gouverner, un homme démocratiquement élu comme candidat de l’alternance à l’issue de la primaire de la droite.
Félon, aigri, François Hollande a parfaitement maîtrisé le tempo de ce lynchage auquel s’associent tous les médias dont on sait maintenant qu’ils sont tous, ou presque, infiltrés par des « bobos » qui n’accepteraient pas de voir être remis en cause leurs privilèges.
Mais la presse parisienne, l’histoire l’a montré, ne fait pas une élection. Elle ne peut se prévaloir que de subtils lavages de cerveaux pour tenter d’influencer le peuple auquel, quand même, revient le dernier mot lors de l’insertion du bulletin de vote.
Il en résulte une odeur pestilentielle dans tout le landerneau politicien dont nos compatriotes aimeraient bien, enfin, se débarrasser. Ce rejet assez clair des formations traditionnelles ouvre une brèche béante pour le candidat Macron, sans réel programme, sans parti de gouvernement, sans suffisamment de soutiens pour réformer le pays qui en a bien besoin.
M. Macron est en quelque sorte une illusion qui, pour l’instant, rassemble les déçus, tous les déçus, du reste du paysage politique français. Les ralliements nombreux et opportunistes de personnalités qui n’ont guère brillé par le passé sont là pour nous révéler que ce camp n’est que celui de femmes et d’hommes mus par une ambition féroce mais malheureusement dépourvus de toute « vision » salutaire pour sortir notre nation de l’ornière dans laquelle elle a été mise par celui qui, avant d’être Président, a réussi à mettre un département français en faillite !
Hélas, le mal est fait ! Les soupçons qui pèsent sur l’élu de la Sarthe sont tels qu’il ne sera pas élu. Ou s’il parvient à renverser la tendance, mal élu.
L’Elysée, quoiqu’elle dise, a orchestré ce putsch institutionnel et c’est une première dans notre démocratie. Le résultat est catastrophique pour le seul candidat apte à entamer le redressement et redonner la confiance. Ses blessures saigneront sans doute jusqu’au soir du premier tour et la réaction en chaîne, quasi nucléaire, qu’entraîne ce lynchage sans précédent, c’est la mort annoncée du parti « Les Républicains », la machine de guerre du candidat Sarkozy, une machine devenue une machine à perdre à cause de l’ego de celui dont personne ne veut plus.
Rien ne semble pouvoir arrêter cet acte de terrorisme politique. Aux bottes du pouvoir népotiste, les Administrations policière et judiciaire s’acharnent sur celui qui devait en toute logique l’emporter.
Et personne ne s’intéresse au patrimoine accumulé par l’actuel Président ni par la mère de ses enfants, un patrimoine qui pourtant devrait légitimement donner à s’interroger sur l’origine des fonds pour une femme et un homme ayant tous deux eu une carrière de fonctionnaire avec des revenus officiels qui ne permettaient pas cette accumulation d’actifs, en France et à l’étranger.
Personne ne dit mot sur les postes occupés par les enfants du putschiste. Personne ne pointe du doigt les scandaleux décrets pris par cet homme manichéen sans doute inspiré par les mêmes méthodes utilisées par François Mitterrand dont on paie encore aujourd’hui les décisions et la gestion d’un pays qui ne semble être généreux qu’avec des communautés qui, régularisées, auront permis d’assurer une sorte de pérennité à une gauche pourtant bien meilleure dans l’opposition.
La paupérisation des « sans dents » et des classes moyennes : c’est lui ! La désindustrialisation du pays : c’est lui aussi ! Le pouvoir donné à la finance : c’est encore lui ! Le modèle est terrifiant. La valeur travail est reléguée derrière celle de la spéculation et de l’argent facile.
Aux ordres de Bruxelles, la France n’est plus qu’une petite « région » d’un continent en cours de dislocation. La France n’a plus d’autres choix que de transposer dans son droit les décisions d’eurocrates faisant pourtant l’objet d’un rejet massif par le peuple.
Tant d’erreur ont été commises. L’utopisme et la naïveté nous ont conduits peu à peu au désarroi.
L’affaire est grave. Les temps sont durs. La seule satisfaction que l’on peut avoir c’est d’être à l’abri d’une victoire de la candidate du FN qui sera sans doute en tête au premier tour des élections mais qui, heureusement, ne dispose d’aucune réserve de voix pour le second.
Est-il encore temps de se ressaisir ? Rien n’est moins sûr ! Le coup mortel porté par l’ancien élu de Corrèze est de nature à créer le chaos pour au moins un quinquennat. Ce sont cinq années de plus qui entraîneront espoir puis déception. Avec le risque ensuite de voir un dangereux populiste prendre le pouvoir et nous mettre à genou.
La démocratie est malade. Les libertés fondamentales sont en danger. La Vème République agonise, lentement et la mise en perspective d’une grande réforme constitutionnelle semble lointaine et dangereuse.
Tout ceci donne la nausée. Comment, en effet, ne pas ressentir un profond dégoût ?
Il ne reste qu’à espérer qu’il y ait un sursaut républicain. C’est possible. C’est souhaitable. Mais sans doute pas à cent jours d’une échéance majeure …
 
BM  © France Matin
 


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